Mongolie, la Magie des Lieux

Soulevez le voile sur l’univers de la Mongolie au travers de ce blog de voyage d’Espace Est-Ouest. Pour découvrir les gens, ou garder le lien avec ceux que vous avez rencontré. Lire, Voir, Ecouter et Rencontrer pour un vrai voyage virtuel en Mongolie.

mercredi 26 mars 2008

Cérémonie des Oscars à la mongole

J’espère que tout va bien chez vous. Et un grand bonjour pour tout le monde qui lit ma lettre. Je m’occupe toujours mes enfants. Mon fils a eu 2 ans au mois de janvier. Il parle maintenant avec beaucoup d’enthousiasme. Il a réussi à dire le mot « maman », ce qui, chez nous, est beaucoup plus difficile à prononcer que le mot « papa » qu’il dit déjà.
Le beau temps est de retour à Oulan Bator et avec le soleil, le thermomètre est descendu. Il n’y a plus de neige en ville, mais les montagnes autour de la ville sont toujours bien blanches.
Le 18 mars, nous avons fêté la fête des hommes. Autrefois, à l’époque soviétique, cette fête portait le nom de « Fête des soldats de l’Armée Populaire ». Sous la démocratie, elle est devenue simplement la fête de tous les hommes.
Pendant cette journée, les femmes donnent des cadeaux aux hommes de leur entourage, préparent des surprises pour leur mari, pères, frères amis et collègues de travail. Tsogi et moi avons invités Bagui et des amis à une soirée karaoké. Nous avons chanté des chansons mongoles, surtout Bagui et Tsogi qui chantent très bien. J’ai terminé la journée à la maison avec ma mère pour préparer le repas pour les hommes de ma famille : mes deux frères sont venus chez nous pour la fête.
J’ai offert mon père deux billets pour un nouveau spectacle consacré à un ancien roi mongol. Ce spectacle est parmi les finalistes des meilleurs pièces de théâtre de 2007. Nous sommes à quelques jours du grand prix du « Tapis Rouge » qui désigne chaque année les meilleurs acteurs du show biz mongol.
On vous racontera bientôt le résulat ! A bientôt.
Oyuna

mercredi 20 février 2008

La lettre de Tsogi pour le Nouvel An

Le nouvel An mongol appelé « Lune blanche » a eu lieu en Mongolie du 7 au 10 février dernier. C’est l’année du rat qui commence. J’ai préparé 500 buuz, une spécialité mongole, et une salade « Capitale » dans une grande casserole de 5 litres. Ma mère est partie cette année dans la province du Khentii dans le nord du pays chez son frère. Ils préfèrent passer le début de l’année du Rat ensemble. Ma mère a préparé petit à petit 1200 buuz.

Le 7 février, j’ai nettoyé toute la maison dans les moindres recoins, comme toutes les familles mongoles. C’est la tradition qui veut que toutes les saletés et les mauvaises choses doivent partir avant le nouvel an. On prend même une douche pour se débarrasser de la saleté du corps. On commence le premier jour à manger vers 18h. On mange vraiment beaucoup ! C’est le signe d’une vie aisée et heureuse pour la nouvelle année, pour monter qu’on ne va pas manquer de nourriture et de vêtement. Chaque famille passe cette soirée à la maison.

Le 2ème jour, le 8 février, nous nous sommes réveillés très tôt, avant le lever du soleil et j’ai commencé à bouillir le thé au lait salé que j’avais préparé moi-même et j’en ai servi à mes enfants et mon mari. On a ensuite choisi une direction pur notre première marche du nouvel an. C’est un symbole qui permet de trouver la bonne direction dans la vie à l’aide de l’enseignement des lamas. Chaque personne a sa direction. J’ai ensuite appelé ma mère et mon oncle pour les saluer en premier. Puis avec ma famille nous sommes allés rendre visite à mon beau-père. Voici la photo prise chez les parents de mon mari Bagi. C’était un plaisir de porter les vêtements traditionnels, les deels, pour cette journée. Nous aimons beaucoup voir les Mongols porter le deel.

Le 3ème jour, Bagi et Tenggis sont montés à l’ovoo « Khiimor », qui signifie « chance » en mongol. Les femmes ne peuvent pas aller là-bas, parce que c’est pour les hommes qui ont un rôle important et des grandes responsabilités familiales. Selon l’ancienne coutume, les hommes doivent nourrir leur famille et être respectueux parce qu’ils font leurs vœux à l’ovoo. Je t’envoie aussi une photo de cette cérémonie si ça t’intéresse et aussi parce que tu es un homme et mon ami.

Pendant la fête de la lune blanche, les jeunes montrent du respect pour les plus âgés. Ils parlent de toutes les choses positives de l’année passée et les jeunes écoutent leurs paroles.

Vielles paroles, sages paroles.

Tsogi

lundi 4 février 2008

Tsagaan Sar, le Nouvel An mongol

Cette année, le nouvel an mongol tombe le 7 février.

Le nouvel an mongol est une importante fête traditionnelle avec des racines profondément populaires, à l’origine très éloignée du bouddhisme.

Autrefois, le début de l’année mongole avait lieu avec l’équinoxe d’automne, avant l’hivernage des troupeaux. Les animaux donnant alors moins de lait, on se mettait à consommer du fromage blanc. Ainsi, le « mois blanc » ou « lune blanche » peut être compris comme le mois du fromage blanc. Mais plus tard, le Khan Kubilaï transféra cette fête au début de l’année lunaire en faisant une fête de la fin de l’hiver et du début du printemps.

Tsagaan Sar signifie « mois blanc » ou « lune blanche ». En Mongolie, la couleur blanche est le symbole de la pureté et de tout ce qui est bénéfique. C’est aussi évidemment la couleur de tous les produits laitiers consommés en abondance par les Mongols.

Cette fête très ancienne et très populaire a obligé le pouvoir religieux à l’intégrer dans son propre système. Ainsi, les lamas l’on transformée en fête religieuse.

Un peu comme Noël chez nous, la fête prend deux formes distinctes : une religieuse (bouddhiste) et une populaire.

Aujourd’hui, le nouvel an lunaire donne lieu en Mongolie à des festivités très semblables à celles que nous connaissons dans nos pays pour le Nouvel An solaire (31 décembre). Autrefois, on célébrait ce jour là tous les anniversaires. C’est la seule fête mongole qui ait lieu en hiver, sous la yourte, dont on apprécie la tiédeur et le confort. A l’époque moderne, quel que soit leur date de naissance, tous les Mongols se rajoutent un an au moment du Tsaagan Sar et font de même pour leurs têtes de bétail.

Plusieurs jours à l’avance, les femmes préparent les aliments blancs, ainsi que les milliers de « buzz », ces succulents raviolis de viande mongols, des galettes et des confiseries. Pour la fête elle-même, chacun met son plus beau « deel » de soie, doublé de fourrure d’agneau, offre des « khadag » (écharpes aux couleurs bouddhistes) aux anciens, invite la famille et les amis et offre de petits cadeaux. On joue de la musique, on chante, on raconte et on mange beaucoup...