Mongolie, la Magie des Lieux

Soulevez le voile sur l’univers de la Mongolie au travers de ce blog de voyage d’Espace Est-Ouest. Pour découvrir les gens, ou garder le lien avec ceux que vous avez rencontré. Lire, Voir, Ecouter et Rencontrer pour un vrai voyage virtuel en Mongolie.

mercredi 21 novembre 2007

De l'argent, et très vite

Je ne pouvais pas ne pas m’intéresser à cette ruée sur l’argent que connaît la Mongolie moderne. Ainsi, c’est dans un bistrot récemment ouvert « la propriétaire a emprunté de l’argent pour l’ouvrir, mais aujourd’hui ça marche » que je rencontre Thaira, homme d’affaire d’une quarantaine d’année qui revient de deux jours de chasse au loup. «Je n’ai pas réussi à en tirer un seul, ces animaux sont très malins et avec nos gros 4x4, il nous entendent arriver de loin ». Nous échangeons quelques points de vue sur le tourisme de la chasse, permettant aux occidentaux de venir chasser en Mongolie hors des réglementations qu’ils jugent trop sévères des pays europeéens… Thaira est de mon avis et partage l’idée que les seuls habilités à faire la chasse en Mongolie sont les Mongols eux-mêmes. « Mais avec l’argent, tout est possible », réaffirme Thaira.
Recherche investisseur
Ingénieur, spécialiste de la construction de bâtiment, il cherche un investisseur « pour juste 200'000 dollars » pour terminer son bâtiment de 8 étages au centre ville, juste à côté du café restaurant Brauhaus. «J’ai bien reçu un crédit de la banque, mais il est trop cher. L’idéal serait de trouver quelqu’un qui puisse me prêter l’argent et me permettre de le finir avant l’été.». Je ne souhaite pas vendre ce bâtiment, mais le garder dans mon patrimoine et le faire fructifier ». Comment ? « En ouvrant un bon restaurant et en le transformant en hôtel », répond Thaira. Et vous connaissez le domaine hôtelier ? « Non, mais je voudrais confier le management à d’autres ». Nous poursuivons notre discussion devant nos assiettes copieusement remplies. La discussion se développe dans toutes sortes de comparaisons entre l’Occident et la Mongolie, comment tout est différent ici, comment il est facile de devenir riche en peu de temps, etc. Ses deux portables ont sonnés au moins 7 fois pendant notre discussion. Poli, calme et à priori sincère, Thaira construit plus vite qu’il ne planifie. « Ca ira très vite pour terminer le bâtiment, encore plus vite pour préparer le restaurant », tente-t-il de me convaincre. « On fera moitié moitié sur les revenus, en toute transparence et surtout sans coup bas ». J’ai beau lui expliquer que je n’ai pas cet argent et que cela ne m’intéresse pas beaucoup, il insiste : « Tu connais peut-être quelqu’un qui pourrait investir ? »
Rêves et espoirs
On se sépare à la fin du repas, il a un rendez-vous important. La discussion se poursuit avec Tsogi, mon interprète et amie mongole que j’ai rencontré en Suisse lorsqu’elle y vivait avec son mari et ses deux enfants. Son retour en Mongolie n’est pas facile : difficulté de gagner sa vie honnêtement (dans les deux sens du terme), manque d’argent, sollicitation de toutes parts pour commencer un business…. «J’ai des dizaines de rêves en tête, raconte Tsogi, mais il me manque toujours de l’argent, mais ce qu’il manque le plus, c’est le sens du service et de la qualité, c’est ce que j’essaie de faire avec le tourisme et mon occupation dans une agence de voyage». Il y a une dizaine d’année, fraîchement mariés, Tsogi et son mari vendent leur appartement et tous leurs biens pour se payer le voyage en Europe francophone et y trouver du travail. Naïfs et sans expériences, ils paient très chers leur rêve et tombent entre les mains de passeurs qui vont leur confisquer passeport en France, sans possibilité de retour. «C’était le cauchemar, je ne savais pas comment m’en sortir, j’ai beaucoup pleuré ». Que retient-elle de son séjour de 4 ans en Suisse ? «Il faut que les jeunes mongols fassent leurs expériences et un séjour en Europe est une belle leçon de vie. J’y ai vécu assez de temps pour me rendre compte que même si tout se passait très bien et que nous vivions bien, j’étais toujours considérée comme une étrangère. J’avais le mal du pays, ma famille me manquait et c’est d’un commun accord avec mon mari que nous avons décidé de revenir en Mongolie. Maintenant je sais que c’est dans mon pays que je veux vivre et dont je souhaite participer au développement ».

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