Mongolie, la Magie des Lieux

Soulevez le voile sur l’univers de la Mongolie au travers de ce blog de voyage d’Espace Est-Ouest. Pour découvrir les gens, ou garder le lien avec ceux que vous avez rencontré. Lire, Voir, Ecouter et Rencontrer pour un vrai voyage virtuel en Mongolie.

mercredi 21 novembre 2007

Leçon de chant khomi chez le maître

Ce matin, le soleil pointe à peine à travers le brouillard. Une forte odeur de charbon et de bois brûlé flotte dans la ville et le smog semble bien installé. Le vent s’est arrêté et l’air stagne même si le froid reste suffisamment piquant. C’est aussi aujourd’hui que je suis mon premier cours de langue mongole. Pas trop difficile pour le moment car le russe m’aide beaucoup pour déchiffrer les lettres, même si certaines se prononcent un peu différemment. C’est vraiment très motivant de pouvoir commencer à communiquer directement avec les gens, même si c’est pour rester à la base de la communication au bonjour-merci-c’est-gentil-au-revoir.
Mystères du chant khomi
Aujourd’hui, Tsogi et moi nous intéressons au chant khomi, le célèbre chant guttural mongol. La technique à la base de ses mélodies d’un autre monde reste encore un mystère pour moi. Pour commencer à découvrir cette richesse, nous avons pris rendez-vous avec le maître du khomi à l’université artistique d’Oulan Bator. Il nous reçoit en plein cours, fait sortir ses élèves et c’est assis devant un vieux piano droit qu’il me raconte de sa voix grave l’histoire de sa passion pour le khomi. Il le pratique depuis 40 ans mais son amour pour le chant mongol a commencé alors qu’il avait 5 ans. Il parle vraiment comme le professeur respectable et respecté qu’il est. Il réfléchi longuement avant de répondre à mes questions de néophyte, n’hésite pas à utiliser des métaphores et ne se laisse absolument pas démonter. Alors le khomi, qu’est-ce que c’est ? « C’est un moyen d’entrer en relation avec la nature, les oiseaux, les insectes » répond le professeur. Un peu étonné, je lui repose encore une fois la question. «Le khomi, c’est vraiment ça ! ». Bon, encore une fois j’ai beaucoup à apprendre. Mais je n’en saurais pas beaucoup plus sur la technique de chant qui s’enseigne par imitation « et par une bonne respiration ». Un son lourd, guttural et continu se double d’une mélodie de flûte. On peine à en croire ses oreilles lorsqu’on remarque que ces deux sons très différents sortent presque indépendamment de la même gorge…
Tradition et modernité
Le professeur à gardé trois jeunes hommes pour nous faire la démonstration. Le plus jeune s’asseye au piano et accompagne ses camarades avec une mélodie très émouvante. Pas nostalgiques pour deux sous, les étudiants parlent fièrement de leur technique, de la difficulté de l’apprendre, mais surtout de la magie de chanter. « Si vous apprenez le khomi, vous découvrirez un nouveau monde sans limite », me répond un étudiant de 19 ans, qui pratique le khomi depuis plus de 5 ans et dont l’objectif est de devenir un vrai professionnel. Cheveux long, jeans et baskets, c’est un jeune parfaitement contemporain. Plus triste : le professeur me raconte également qu’il a beaucoup voyagé dans le monde pour enseigner et présenter ce chant mongol. « A plusieurs reprise, raconte-t-il, les occidentaux ont tenté de récupérer ma technique pour parler à Jésus Christ ou à d’autres. Je ne suis pas d’accord. Le Khomi est un chant mongol, né dans la steppe et sur les pentes des monts Altaï. Il n’appartient à personne d’autre qu’au peuple mongol ». La leçon est claire et j’ai une nouvelle fois un peu honte d’appartenir à ce monde qui instrumentalise tout à son profit. J’avais presque envie de m’excuser pour eux… Je consacre la fin de l’après-midi à la découverte des nouveaux cafés d’Oulan Bator avec Tsogi et Andrey. C’est la grande mode des Irishs pub. Au moins de trois viennent d’ouvrir en ville. Une atmosphère typique d’un bar à whisky, bois sombre et coussins verts attire la jeunesse plus ou moins dorée d’Oulan Bator. Le plus intéressant est qu’à cette période de l’année, il n’y a pas de touriste. Les nombreux clients sont tous mongols et ils boivent du café, du thé ou un whisky. Tout ne va pas si mal en Mongolie ! La crevaison routinière Sur le chemin du retour en fin de soirée, nous avons de nouveau crevé. C’est presque la routine et nous optimisons à chaque fois le temps et la technique pour changer les roues. Ce n’est pas plus mal car cette fois aussi il faisait nuit noire. Demain, on pourra changer la roue les yeux fermés, même s’il fait jour !

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