Mongolie, la Magie des Lieux

Soulevez le voile sur l’univers de la Mongolie au travers de ce blog de voyage d’Espace Est-Ouest. Pour découvrir les gens, ou garder le lien avec ceux que vous avez rencontré. Lire, Voir, Ecouter et Rencontrer pour un vrai voyage virtuel en Mongolie.

mercredi 21 novembre 2007

Un portemonnaie et un mystère

C’est sous un soleil resplendissant et par une température de -27 que je sors avec Bagy, mon hôte mongol, en direction du marché de pièces détachées automobiles. En ce dimanche matin, les rues sont encore vides et les échoppes containers du marché s’ouvrent peu à peu devant nos yeux. De jeunes adolescents aident les vendeurs à sortir leur pneus ou autres chambres à air. Bagy m’explique comment reconnaître le matériel chinois « pas cher mais de mauvaise qualité » du matériel japonais ou russe. Il ne veut pas mettre plus de 8'000 turgrik (7$) pour la chambre a air qu’il cherche pour sa grosse jeep japonaise. On négocie un peu sous le soleil glacial et finalement repartons avec 2 chambres à air pour 16'000 turigk. Content de son achat, Bagy nous balade un peu dans cet immense marché. Les vendeurs de voiture se la coulent douce moteur alumé, musique et chauffage enclenché. Seul un petit panneau « Zarna »à vendre indique qu’il n’est pas là que pour attendre…La chambre à air est replacée dans la roue crevée (par un jeune homme en maillot de corps sans manche alors que la température s’est à peine réchauffée à -23 me laisse songeur : soit il a trop bu de vodka Gengis Khan, soit il veut, même en plein hiver, épater la galerie avec ses biscotos.
Un portemonnaie et une photo
Nous prenons la route sur 150 km en direction de l’ancienne capitale mongole Karakorum, à la rencontre d’une famille nomade éleveur. Loin des clichés de bon sauvage, Altnabazar, le maître de famille, grand-père de 70 ans à la retraite nous donne à tous une leçon de savoir vivre : Oui, il a vécu 30 en ville à Oulan Bator, mais arrivé à la retraite, il n’a pu résister à l’appel de la steppe « comme tous les mongols, j’ai cela dans le sang ». Il a donc embarqué femme et enfants pour retourner vivre sous la ger (yourte). « J’ai fais une sorte de compromis, m’explique-t-il en montrant la télévision et le décodeur satellite sur lequel sont portable est posé ». Le seul problème est que pour attraper le réseau, il doit monter au sommet de la montagne mais « ce n’est pas grave, je le fais presque tous les jours pour parler à mes enfants qui vivent en ville lorsque je sors le bétail ». Soudain, il se lève et va fébrilement fouiller dans son coffre-buffet au fond de la yourte et en revient avec un tout vieux porte-monnaie en toile à velcro. « Je l’ai trouvé ouvert dans la steppe un jour, raconte-t-il. Et cette découverte m’a causé beaucoup de souci ». Avec ses mots, Altnabazar sort une photo un peu déchirée d’un petit garçon blond et une carte d’identité française avec une poignée d’euros et surtout trois francs suisses ! « Ce petit garçon est un peu devenu le mien, et je voudrais que son image retrouve son papa. J’ai eu plusieurs touristes qui sont venus me voir cette année, mais je n’ai jamais été suffisamment convaincu pour le leur donné. Le jour est arrivé de le faire suivre si vous le pouvez à son propriétaire ». Ce ne devrait pas être trop difficile car la carte électorale du propriétaire s’y trouve avec toutes ses coordonnées. « Je ne serais complètement soulagé que lorsque j’aurais reçu une photo de ce petit garçon avec son papa », insiste Altnabazar. Je prends le porte-monnaie que sa femme a emballé dans un petit sachet en plastique, et comme une pièce à conviction, je le range dans mon sac à dos en espérant que le propriétaire répondra à la demande d’Altnabazar.
Retour mouvementé
Sur le chemin du retour dans la nuit, la chambre à air achetée nous lâche. C’est la première fois que je change une roue dans le noir complet par -25 degrés et je ne sens plus mes doigts après avoir serré les boulons. Arrivés sain et sauf à la maison, nous nous couchons tous ensemble dans le petit appartement de Tsogi et Bagy avec Boulaka 11 ans et Tenggis (6ans) qu’ils partagent avec Zaya (la sœur de Tsogi), Dzorgo (le frère de Tsogi) sa femme et leur petit garçon de 6 mois. Avec Andrey et moi, cela fait 10 personnes dans un minuscule 2 pièces. En plus –et nous n’avons pas pu discuter- une pièce entière nous est donné pour la nuit, tous les autres partageant la même pièce… « C’est comme ça, vous êtes nos invités et cela ne se discute pas » explique Tsogi.

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